Je vous avais promis quelques chroniques "cinéma", principalement selon mes coups de cœur. Évidemment, rien d'exhaustif, bien que cinéphile averti, il m'est difficile de faire l'inventaire de toutes les sorties. Ce diaporama présente une sélection de films français et étrangers qui ont retenu mon attention. Pour obtenir de plus amples informations sur ceux-ci, lire le synopsis, les critiques (avec modération), vous pouvez consulter ces deux références pour les passionnés des salles obscures, Télérama et AlloCiné, ou bien vous rendre dans la rubrique consacrée au cinéma des grands quotidiens nationaux (voir le libellé "Liens").
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dimanche 2 décembre 2007
lundi 26 novembre 2007
S.O.S Séances menacées !
Voila un titre bien racoleur, mais la cause à défendre exige aussi un peu de mobilisation. Rassurez-vous, ça ne concerne ni la lutte contre l’utilisation des fourrures d’animaux (la manifestation la plus fréquente à Cracovie) ni même la préservation du pouvoir d’achat et du système des retraites (qui mobilise principalement et régulièrement les Français). Mon combat est bien plus anodin, rien à voir avec l’inflation, les régimes spéciaux, les renards… mais le cinéma, le divertissement pour certains, la culture pour d’autres, et une passion en ce qui me concerne. J’aurai prochainement l’occasion d’écrire une chronique sur une sélection de films que je vous recommande vivement, mais pour le moment j’aimerais m’attarder sur le cinéma en tant que salle. Face à la profusion des complexes-multiplexes cinématographiques, il m’a semblé urgent de prêcher pour les petites salles obscures, celles qui doivent le plus souvent leur survie aux cinéphiles avertis, aux subventions publiques, patronages bienveillants, et festivals foisonnants. Et la Pologne, bien que ne se targuant d’aucune « exception culturelle », possède quelques trésors de ce type... Et comme tout trésor, sa valeur si précieuse se doit d'être préservée. À titre d’exemples, 6 cinémas gagnent à être connus, et reconnus pour leur fragile rareté : Kino Charlie et Cytryna à Łódz, Kino Pod Baranami, Ars, Klub Sztuki Filmowej Mikro et Kijów à Cracovie, pour ne citer qu’eux, ceux que je connais le mieux. Partenaires pour la plupart du réseau de salles pour la circulation des films européens (Europa cinémas), leur programme est souvent très étoffé, riche et varié. Un bémol toutefois, on regrettera que certains films n’ayant pas trouvé un public suffisant, disparaissent trop vite des affiches avant même que le bouche à oreille ne fasse son effet, et qu’à certaines saisons d’autres restent en tête pendant des mois ! Sans doute est-ce aussi une des raisons pour lesquelles ces cinémas subsistent, alors ne les blâmons pas !
Surtout que ces petites salles animées par de réels passionnés font le maximum pour vous captiver et vous fidéliser : des rendez-vous thématiques (cycles et projections spéciales en honneur à un réalisateur, un pays…), des festivals (film d’animation, court-métrage…), des offres tarifaires intéressantes (séances à 5 zł, réductions diverses et parfois surprenantes, habillez-vous en jaune ou venez avec un citron et Cytryna vous offrira généreusement une ristourne !). Sans oublier non plus l’atmosphère de ces salles, rien à voir avec les écrans géants au cœur de l’agitation des galeries marchandes et des zones commerciales. Ici l’ambiance est joviale, conviviale, la séance se savoure… avec ou sans pop-corn ! Peut-être que nos cinémas français indépendants, actuellement en crise, qui souffrent de mal-subvention et de désertification, pourraient s'inspirer du dynamisme de leurs confrères polonais ? Des idées simples mais originales, un cadre recherché et une atmosphère personnalisée, la recette n'est pourtant pas compliquée. Faire d'abord le choix de la qualité, la sauce prend très vite quand les ingrédients sont bons !
Voila un titre bien racoleur, mais la cause à défendre exige aussi un peu de mobilisation. Rassurez-vous, ça ne concerne ni la lutte contre l’utilisation des fourrures d’animaux (la manifestation la plus fréquente à Cracovie) ni même la préservation du pouvoir d’achat et du système des retraites (qui mobilise principalement et régulièrement les Français). Mon combat est bien plus anodin, rien à voir avec l’inflation, les régimes spéciaux, les renards… mais le cinéma, le divertissement pour certains, la culture pour d’autres, et une passion en ce qui me concerne. J’aurai prochainement l’occasion d’écrire une chronique sur une sélection de films que je vous recommande vivement, mais pour le moment j’aimerais m’attarder sur le cinéma en tant que salle. Face à la profusion des complexes-multiplexes cinématographiques, il m’a semblé urgent de prêcher pour les petites salles obscures, celles qui doivent le plus souvent leur survie aux cinéphiles avertis, aux subventions publiques, patronages bienveillants, et festivals foisonnants. Et la Pologne, bien que ne se targuant d’aucune « exception culturelle », possède quelques trésors de ce type... Et comme tout trésor, sa valeur si précieuse se doit d'être préservée. À titre d’exemples, 6 cinémas gagnent à être connus, et reconnus pour leur fragile rareté : Kino Charlie et Cytryna à Łódz, Kino Pod Baranami, Ars, Klub Sztuki Filmowej Mikro et Kijów à Cracovie, pour ne citer qu’eux, ceux que je connais le mieux. Partenaires pour la plupart du réseau de salles pour la circulation des films européens (Europa cinémas), leur programme est souvent très étoffé, riche et varié. Un bémol toutefois, on regrettera que certains films n’ayant pas trouvé un public suffisant, disparaissent trop vite des affiches avant même que le bouche à oreille ne fasse son effet, et qu’à certaines saisons d’autres restent en tête pendant des mois ! Sans doute est-ce aussi une des raisons pour lesquelles ces cinémas subsistent, alors ne les blâmons pas !
Surtout que ces petites salles animées par de réels passionnés font le maximum pour vous captiver et vous fidéliser : des rendez-vous thématiques (cycles et projections spéciales en honneur à un réalisateur, un pays…), des festivals (film d’animation, court-métrage…), des offres tarifaires intéressantes (séances à 5 zł, réductions diverses et parfois surprenantes, habillez-vous en jaune ou venez avec un citron et Cytryna vous offrira généreusement une ristourne !). Sans oublier non plus l’atmosphère de ces salles, rien à voir avec les écrans géants au cœur de l’agitation des galeries marchandes et des zones commerciales. Ici l’ambiance est joviale, conviviale, la séance se savoure… avec ou sans pop-corn ! Peut-être que nos cinémas français indépendants, actuellement en crise, qui souffrent de mal-subvention et de désertification, pourraient s'inspirer du dynamisme de leurs confrères polonais ? Des idées simples mais originales, un cadre recherché et une atmosphère personnalisée, la recette n'est pourtant pas compliquée. Faire d'abord le choix de la qualité, la sauce prend très vite quand les ingrédients sont bons !lundi 19 novembre 2007
Douceurs hivernales
Un billet plus court que d'habitude pour une actualité qui se résume à l'agitation climatique. Rassurez-vous je ne vais pas me la jouer Monsieur Météo, en tout cas juste en deux mots : il neige. Voila c'est fait. Commence alors ma période favorite, car à vrai dire Cracovie n'est jamais aussi belle qu'en cette saison où la lumière épouse les basses températures. Là où certains vous dirons que le froid, la grisaille, les routes verglacées, et les trottoirs qui font concurrence aux patinoires rebuteraient n'importe quel quidam, je vous affirme pour ma part que vous manqueriez l'essentiel. Si l'on met de côté le charme opéré naturellement par les flocons, cette saison embellit la ville et lui donne surtout un cachet inimitable. Autre atout et non des moindres, les hordes de touristes britanniques désertent, ceux que les cracoviens ne peuvent plus tolérer, exaspérés qu'ils sont de les voir beugler aux terrasses des pubs, la pinte de bière à portée de main et les yeux caressant les passantes aux tenues souvent provocantes. Les rafales sibériennes vous éviteront ce triste spectacle.
Mais ce qui me charme surtout à cette période, c'est vers 16 heures, à la tombée de la nuit, lorsque les ruelles prennent des allures féériques. Les lampadaires diffusent alors une lumière ambrée, exaltée par les amas de neige le long des trottoirs. Aux fenêtres s'échappent des lueurs colorées, aux tons chauds, qui égaient des appartements que l'on imagine chaleureux et surchauffés. Si les façades ne sont pas toutes aussi avenantes que peuvent l'être celles qui cerclent le Rynek, les intérieurs eux sont particulièrement soignés. C'est l'inverse du cache-misère, la pollution, le charbon qui chauffe encore la majorité des immeubles, voilent un raffinement et une élégance difficilement imaginable à première vue. C'est cette particularité qu'impose aussi un climat souvent inhospitalier, et une Histoire tumultueuse. Lorsque les rues et les façades portent toujours les stigmates de la Seconde Guerre Mondiale et les blessures du communisme, l'intérieur des appartements est le dernier lieu où se crée un univers déconnecté de l'austérité ambiante. Cet aspect frappera ceux qui fréquenteront les lieux de convivialité. En flânant dans le quartier Kazimierz, pour ne citer que lui, donnez-vous le temps d'entrer dans les pubs, d'en saisir l'atmosphère... Les britanniques n'y ont vu que le prix de la bière et repartent plus stéréotypés que les polonais. La beuverie est plus souvent le lot des touristes. En cette période hivernale, les pubs retrouvent leurs habitués, artistes et étudiants, certains lisent, d'autres écrivent, on discute, on chante aussi, l'ambiance est animée, conviviale, chaleureuse. La glace fond et paradoxalement le froid y est peut-être aussi pour beaucoup...
Mais ce qui me charme surtout à cette période, c'est vers 16 heures, à la tombée de la nuit, lorsque les ruelles prennent des allures féériques. Les lampadaires diffusent alors une lumière ambrée, exaltée par les amas de neige le long des trottoirs. Aux fenêtres s'échappent des lueurs colorées, aux tons chauds, qui égaient des appartements que l'on imagine chaleureux et surchauffés. Si les façades ne sont pas toutes aussi avenantes que peuvent l'être celles qui cerclent le Rynek, les intérieurs eux sont particulièrement soignés. C'est l'inverse du cache-misère, la pollution, le charbon qui chauffe encore la majorité des immeubles, voilent un raffinement et une élégance difficilement imaginable à première vue. C'est cette particularité qu'impose aussi un climat souvent inhospitalier, et une Histoire tumultueuse. Lorsque les rues et les façades portent toujours les stigmates de la Seconde Guerre Mondiale et les blessures du communisme, l'intérieur des appartements est le dernier lieu où se crée un univers déconnecté de l'austérité ambiante. Cet aspect frappera ceux qui fréquenteront les lieux de convivialité. En flânant dans le quartier Kazimierz, pour ne citer que lui, donnez-vous le temps d'entrer dans les pubs, d'en saisir l'atmosphère... Les britanniques n'y ont vu que le prix de la bière et repartent plus stéréotypés que les polonais. La beuverie est plus souvent le lot des touristes. En cette période hivernale, les pubs retrouvent leurs habitués, artistes et étudiants, certains lisent, d'autres écrivent, on discute, on chante aussi, l'ambiance est animée, conviviale, chaleureuse. La glace fond et paradoxalement le froid y est peut-être aussi pour beaucoup...
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